Sauvés !

Depuis des années, la gauche française a son ennemi : l’extrême droite, les fascistes. Quiconque a un discours un peu patriotique, un peu « sécuritaire », quiconque veut défendre une certaine idée de la France se fait lyncher dans les médias par les gardiens de la bien-pensance, l’étiquette infamante de fasciste suffisant à discréditer, disqualifier, déshonorer et dispensant de toute discussion ou toute réflexion.

Depuis des années, la gauche française refuse aussi de « stigmatiser » les immigrés et les musulmans et quiconque ose soulever les problèmes d’intégration, de culture, de communautarisme, d’extrémisme se fait taxer de xénophobe, raciste, fasciste… retour au paragraphe précédent. Les immigrés et les musulmans sont les nouvelles « victimes » que la gauche s’enorgueillit de défendre depuis qu’elle n’a plus à défendre les ouvriers.

Début janvier 2015, la France est frappée par une tragédie sanglante, une poignée d’islamistes s’en prenant à la liberté d’expression et aux juifs. La France est sous le choc, mais plus encore la gauche (au pouvoir qui plus est) : elle se prend en pleine gueule ce que les xénophobes racistes dénoncent et annoncent depuis des années. Et comble de l’ironie (si on peut employer un pareil terme) la cible des terroristes qui se réclament de l’Islam est Charlie Hebdo et ses dessinateurs, journal gaucho-anarchiste, du même bord que nos censeurs de la bonne conscience… Le traumatisme intellectuel est profond, les catégories vacillent…

Heureusement, la novlangue vient au secours de nos idéologues. Ils parlent désormais d’islamo-fascistes ! Ainsi, les musulmans et les immigrés sont saufs, innocents voire même victimes de ce qui s’est passé. Et les coupables, une fois de plus, des fascistes. Pas besoin de changer de discours, pas besoin de remettre en cause le dogme, la langue de bois et l’aveuglement peuvent continuer à régner.

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L’anti open source

A court d’argent, l’Etat s’est lancé dans une politique de valorisation et de marchandisation de la recherche scientifique. Rien que de très logique et de plutôt sain, cette stratégie étant mise en oeuvre dans de nombreux pays. Les premiers « clients » de cette démarche sont les entreprises privées avec un bénéfice mutuel évident : accès à des connaissances et expertises scientifiques de haut niveau pour l’industrie, ressources financières et confrontation à des problématiques technologiques et scientifiques variées pour la recherche publique.

Le problème est qu’en France cette politique est appliquée, notamment sous l’impulsion du CNRS, avec dogmatisme, parfois avec une idéologie anti entreprise façon Sauvons la recherche avec la ferme intention de « faire payer » les industriels, et sans culture ni connaissance des pratiques économiques.

Dans un projet collaboratif que je négociais récemment, les revendications des chargés de valorisation universitaires ont abouti à une situation absurde. Dans un tel projet, certains résultats sont obtenus en propre par telle ou telle entité, certains autres sont communs à tout ou partie des partenaires.
S’inscrivant dans une logique de création et de partage de la connaissance, les industriels demandaient que les résultats communs de type documentaire (spécifications, rapports…) soient considérés comme résultats à part égale et exploitables librement sans contrepartie financière. L’université voulait au contraire toucher des contre-parties financières sur les résultats communs où elle serait associée.
Ce principe aurait conduit à une situation inextricable car il est difficile de vouloir démêler la valeur de tel ou tel passage d’un rapport relatant les résultats d’essais réalisés par un partenaire à partir d’équipements fournis par d’autres, sauf à mettre à chaque fois sur le sujet un juriste et un financier ! Ce serait même parfois absurde car tel résultat dit commun au consortium serait en fait issu de deux partenaires industriels, exploité par un troisième, sans intervention de l’université à laquelle on pourrait tout de même être amené à verser une contrepartie financière si on n’y prenait pas garde !
La réponse à cette situation était alors évidente : limiter au maximum les résultats communs et donc les travaux communs avec les partenaires académiques.

Là où l’open source et les creative commons favorisent le partage et la diffusion de la connaissance, les revendications financières du CNRS découragent le travail en commun.

Cette situation est dommageable pour la recherche académique française dont la politique de valorisation est de plus en plus vue par les industriels comme un repoussoir et qui se ferme donc au secteur privée. Elle est aussi dommageable aux PME françaises, qui contrairement aux grands groupes n’ont pas les moyens d’aller chercher à l’étranger, et notamment dans le monde anglo-saxon des partenaires académiques de haut niveau pratiquant des politiques de valorisation moins confiscatoires et plus conformes aux règles économiques.

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Préparer la reprise du pouvoir : la loi sur la liberté d’expression

Il n’y a point d’entreprise plus difficile, plus douteuse, ni plus dangereuse que celle de vouloir introduire de nouvelles lois. Parce que l’auteur a pour ennemis tous ceux qui se trouvent bien des anciennes, et pour tièdes défenseurs ceux même à qui les nouvelles tourneraient à profit. Et cette tiédeur vient en partie de la peur qu’ils ont de leurs adversaires, c’est à dire de ceux qui sont contents des anciennes ; et en partie de l’incrédulité des hommes, qui n’ont jamais bonne opinion des nouveaux établissements qu’après en avoir fait une longue expérience. (Nicolas Machiavel – Le Prince)

Pour agir vite et efficacement lorsqu’elle aura repris le pouvoir (c’est à cette reconquête qu’elle devrait s’attacher au lieu de se déchirer), la Droite française devait définir son programme et préparer la liste des mesures et lois à passer rapidement, tant que l’état de grâce est présent, et en bloc pour ne faire mal qu’une fois selon le conseil de Machiavel. Voici quelques pistes que je propose.

Premier projet de loi : liberté d’expression

Premier volet de cette loi, rétablir la liberté d’utiliser tous les mots de la langue française, que ce soit dans le privé ou dans les administrations. Des mots aussi anodins que père, mère et mademoiselle ont été bannis récemment des formulaires administratifs, mais cette suppression n’a rien d’anodine car la langue conditionne la pensée comme le rappelle dans 1984, Orwell. Il invente pour son régime un nouveau langage et fait déclarer au tortionnaire O’Brien  « Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. »

Deuxième volet de cette loi, rendre obligatoire le vote à bulletin secret qui seul garanti au votant de pouvoir exprimer librement son opinion, sans craindre de représailles et mesures de rétorsion. Sachant que ceux qui sont prêts à se livrer à des voix de fait contre leurs opposants sont par nature des ennemis de la démocratie dont les menés ne sauraient être tolérés. Cette mesure changerait certainement l’ambiance dans biens des universités et des entreprises, notamment lorsqu’il s’agit de décider d’une grève, mais aussi dans biens des conseils généraux et autres communautés de commune où les élus locaux sont à la merci du président de la collectivité.

Troisième volet de cette loi, supprimer au maximum les délits d’opinion, diffamation, offense et assimilés, pour les remplacer autant que possible par une pénalisation du mensonge commis en public, le mensonge étant défini comme l’énoncé délibéré d’un fait contraire à la vérité. En effet, tout droit est contrebalancé par des devoirs et toute liberté doit avoir ses limites. Dire la vérité parait la limite la plus naturelle à la liberté d’expression.

Le délit sera aggravé lorsque l’auteur du mensonge est un élu, un journaliste, un enseignant ou un détenteur de l’autorité publique. Une autre circonstance aggravante serait des dispositions prises activement pour conforter ce mensonge et dissimuler la vérité, au-delà de l’énoncer simplement. Il appartiendra à la justice d’établir tout d’abord la vérité des faits et ensuite d’estimer si l’accusé était effectivement au courant de cette vérité attendu qu’il ne saurait être question par exemple de reprocher à un scientifique d’avoir émis une théorie qui s’est révélée fausse quelques années après. Par contre, celui qui a falsifié des résultats d’expérience est impardonnable. Enfin, les motifs du mensonge devront être pris en considération, selon qu’il s’agit de l’intention de nuire, d’en tirer un profit personnel, de protéger un tiers, ou d’assurer la sûreté de l’Etat. En cas de condamnation, la justice devra notamment imposer au menteur de publier la vérité à ses frais par les mêmes canaux et en s’assurant de la même audience que lorsqu’il a propagé des contre-vérités.

Cette condamnation du mensonge pourrait grandement assainir les débats publics et scientifiques. Par contre, elle devra être mise en place et manipulée avec précautions car il n’y a rien de plus tyrannique, de plus dévastateur et parfois de plus injuste que la vérité…

Dans un prochain poste, je proposerai d’autre projets de loi visant à garantir et rétablir la liberté

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La pensée de gauche, une maladie auto-immune

La gauche française s’est construite historiquement sur de grands combats. Droits de l’homme et égalité des citoyens du temps de la Révolution (avec les excès des Montagnards qu’on a connu pendant la Terreur). La dimension sociale s’est affirmée au XIXème siècle en même temps que la Révolution industrielle créait une classe ouvrière dont Zola a décrit la misère. Les combats se sont poursuivis entre les deux guerres sur le plan social avec le Front Populaire et militairement contre les dictatures de Franco, Mussolini, Hitler (en fermant les yeux sur les exactions en Union soviétique qui tentait d’appliquer de force le programme propre à assurer le bonheur et l’égalité des hommes). Encore un combat mené pour la liberté après la deuxième guerre mondiale avec la décolonisation, combat mené pour la première fois contre la France.

Aujourd’hui, quels combats la gauche peut-elle mener alors que la démocratie règne en Europe, que les systèmes sociaux nés de l’après-guerre offrent une garantie confortable même si ils sont perfectibles ? Comment peut-elle se donner un but, une ligne ? Dans un réflexe maniaque et pathologique, elle trouve des combats de moins en moins légitimes, des causes minoritaires. Les immigrés qu’elle protège contre les français « de souche » (terme qu’elle abhorre). Les criminels capturés par des policiers de droite et que relâchent des juges de gauche. Les homosexuels contre les hétérosexuels (pour « penser un monde où l’hétérosexualité ne serait pas normale« ). L’Islam vis à vis duquel sa complaisance fait ressortir encore plus crûment ses attaques contre le christianisme qui imprègne pour le meilleur et pour le pire la culture, les paysages et les valeurs de notre pays depuis des siècles. Son aspiration à l’universalité lui fait rejeter la culture et l’histoire de notre pays, histoire dont l’enseignement est désormais banni du lycée au profit de « l’enseignement des civilisations extra-européennes ».

La pensé de gauche est comme le système immunitaire qui, dans un monde moderne aseptisé n’a plus assez de pathogènes à combattre et déraille pour attaque l’organisme. Faute de combats légitimes à mener, elle s’attaque maintenant aux français, au pays, à sa culture, aux institutions familiales… La pensée de gauche est devenu le poison et le facteur de décomposition de la France moderne.

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Tchécoslovaquie et Ukraine

Tchécoslovaquie – 1938

Le terme « sudètes » désigne une population de langue allemande implantée aux pourtours de la Bohème et de la Moravie. En novembre 1918, les Sudètes deviennent une minorité au sein de l’État tchécoslovaque nouvellement créé. Jusque dans les années 30, ils s’accommodent de leur statut de minorité mais les tensions montent, alimentées par la crise de 1929. En 1935 est créé le Parti allemand des Sudètes qui réclame, avec l’appui de l’Allemagne nazie, le rattachement au Troisième Reich et amplifie graduellement ses exigences.

L’annexion réussie de l’Autriche est un encouragement à aller au delà et Hitler, invoquant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et voulant « libérer les Allemands des Sudètes » de l’« oppression » tchécoslovaque, soutient les revendications sudètes et multiplie les menaces. Prague accepte en vain les concessions sous la pression de Paris et Londres. Le Parti allemand des Sudètes tente un putsch qui échoue. Hitler pose un ultimatum fin septembre 1938, véritable déclaration de guerre. Ni la France de Daladier, ni le Royaume Uni de Chamberlain ne sont prêts pour la guerre. A Munich, ils signent avec Hitler les accords qui lui permettent de mettre la main sur trois millions d’habitants en échange de vagues promesse de paix. En signant le traité Hitler déclare que  l’Allemagne se contentera de ces nouvelles frontières en Europe : « L’Europe connaîtra ensuite la paix pour mille ans ».

Le lâche soulagement domine en Europe occidentale et Churchill est bien isolé lorsqu’il déclare « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ! » Un an après, Hitler envahit la Pologne, puis deux ans après la Belgique, la France…

Ukraine – 2014

Avec l’effondrement de l’URSS, l’Ukraine devient indépendante fin 1991. La Crimée, péninsule sur la mer Noire majoritairement peuplée de russophones, acquiert en 1992 le statut de république autonome au sein de l’Ukraine. Après une période de tensions et de négociations, elle se dote d’une constitution reconnue par le parlement Ukrainien en 1999. La Russie a gardé la base navale de Sébastopol en échange d’un rabais sur le prix du gaz vendu à l’Ukraine dont elle est le principal fournisseur.

En février 2014, la révolte populaire ukrainienne entraîne la chute du régime dictatorial et corrompu du président Ianoukovitch et la mise en place d’un régime pro-européen. Une des premières mesures, maladroites, est d’abroger la loi sur les langues régionales ce qui rallume les tensions en Crimée. Fin février, la Russie engage des manœuvres militaires aux zones frontalières avec l’Ukraine, des hommes en armes non identifiés prennent le contrôle de points stratégiques en Crimée (aéroports…). Début mars, les manifestations pro-russes se multiplient en Crimée et dans l’est de l’Ukraine. Rejetant toute accusation d’ingérence ou d’invasion, la Russie affirme vouloir assurer la sécurité des habitants russophones de Crimée face aux événements récents à Kiev. Progressivement, l’armée russe bloque, désarme ou obtient le ralliement des forces ukrainiennes dans la zone. Le pouvoir en place en Crimée déclare son indépendance et organise un référendum sur l’éventuel rattachement de la Crimée à la Russie. Face à la violation du mémorandum de Budapest de 1994 qui garantit l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, les pays occidentaux s’indignent mais excluent une intervention militaire. En signant le rattachement de la Crimée à la Russie, Poutine déclare « Ne croyez pas ceux qui vous font peur au sujet de la Russie, qui vous crient qu’après la Crimée, vont suivre d’autres régions ».

Un an après Poutine envahit…

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Citations

Je reprends ici une liste de citations qui circule sur le net, tellement elle entre en résonance avec mes derniers articles. J’y ai trouvé presque mot pour mot des textes qui figurent dans « 1984 » d’Orwell.

« Ce qui est cause, c’est l’hétérosexualité en tant que norme. Il nous faut essayer de penser un monde où l’hétérosexualité ne serait pas normale. »
Eric Fassin, sociologue, promoteur de la théorie du genre en France, professeur à l’Ecole Normale Supérieure.

« Une proposition que je vous soumets, ce serait de disjoindre la parentalité et la conjugalité – pourquoi ne pas proposer dès la naissance des enfants, disons juste après le sevrage, une disjonction des maisons, c’est-à-dire une résidence alternée dès la naissance. Au moins, les femmes anticiperaient une carrière maternelle comme les hommes anticiperaient une carrière paternelle […]. Les hommes pourraient envisager des métiers où ils seraient bien obligés une semaine sur deux de s’occuper des enfants. Ce qui veut dire qu’au moment de la séparation, les choses seraient beaucoup plus simples : il n’y aurait plus de séparation puisqu’on serait déjà séparés.»
Caroline Mécary, avocate au barreau de Paris, spécialiste des droits des homosexuels, Festival mode d’emploi à Lyon, novembre 2013

« Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents. »
Laurence Rossignol, sénatrice PS, 5 avril 2013, en direct sur France 2, émission Ce soir ou jamais.

Ces deux dernières citations me font penser aux propos que Orwell met dans la bouche d’O’Brien, le dignitaire tortionnaire dans « 1984 » : « Nous avons coupé les liens entre l’enfant et les parents, entre l’homme et l’homme, entre l’homme et la femme. Personne n’ose plus se fier à une femme, un enfant ou un ami. Mais plus tard, il n’y aura ni femme, ni ami. Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères, comme on enlève les oeufs aux poules. L’instinct sexuel sera extirpé. La procréation sera une formalité annuelle, comme le renouvellement de la carte d’alimentation.
Vous imaginez qu’il y a quelque chose qui s’appelle la nature humaine qui sera outragée par ce que nous faisons et se retournera contre nous. Mais nous créons la nature humaine. L’homme est infiniment malléable. »

Suite des citations (tristement bien réelles) :

« Il s’agit de substituer a des concepts tels que « le sexe » ou « la différence sexuelle » le concept de « genre » qui montre que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature mais socialement construites. […] [La théorie du genre] se borne à dire que les hommes et les femmes ne se retrouvent pas dans leur état biologique et se construisent autrement. »
Julie Sommaruga, député PS

« Il faut en finir avec la filiation biologique. »
Erwan Binet, député PS et rapporteur de la loi Taubira

« Je ne vois aucun inconvénient ni pour les unions à plusieurs, ni pour les unions polygames, ni pour l’inceste. »
Ruwen Ogien, philosophe, directeur de recherche au CNRS, Journée d’étude sur le thème « Au-delà du mariage : de l’égalité des droits à la critique des normes », 8 avril 2013

« Moi je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence? C’est faire un distinguo qui est choquant »
Pierre Bergé au Figaro

« La famille est une construction sociale créée par les hommes pour dominer les femmes. »
Roselyne Bachelot, janv 2013

« L’union homme-femme est une violation de l’amour et des droits de l’homme »
(Caroline Mery, Sénat, Palais du Luxembourg, débat public du 12 septembre 2012).

« Pour pouvoir abolir le mariage, il faut d’abord que tout le monde puisse en bénéficier. Ce que vous évoquez est tout à fait envisageable [l’abolition du mariage] […] c’est l’étape suivante ».
Caroline Mécary, Avocate au barreau de Paris, festival « Mode d’emploi » à Lyon, nov 2013

« Une femme doit pouvoir avoir accès à la PMA parce qu’elle ne souhaite pas avoir de relations avec un homme. »
Francois Hollande

« Admettre la différence des sexes c’est admettre la complémentarité des sexes, donc la domination patriarcale, donc l’oppression et l’aliénation de la femme »
Judith Butler, philosophe féministe du genre

« Revendiquer l’égalité de tous les individus quels que soient leur sexe et leur orientation sexuelle c’est déconstruire la complémentarité des sexes et donc reconstruire de nouveaux fondements républicains »
« Il s’agit donc de déconstruire la complémentarité des sexes pour transformer en profondeur la société. »
Réjane Sénac, chercheure au CNRS affectée au Centre de Recherches Politiques de Sciences Po (CEVIPOF), enseignante à Sciences-Po Paris et à l’université Sorbonne Nouvelle –Paris 3, source rapport du SNUipp, page 24-25

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Protégez nous du totalitarisme

Cette article est une synthèse et une remise en forme de publications précédentes.

Atteinte à la liberté d’expression

Une des conditions premières de la démocratie est la liberté d’expression. A l’inverse, Aron a identifié comme caractéristiques du totalitarisme que « le parti monopolistique est animé ou armé d’une idéologie à laquelle il confère une autorité absolue » et que « pour répandre cette vérité officielle, l’État se réserve à son tour un double monopole, le monopole des moyens de force et celui des moyens de persuasion ».

Lorsque la police parisienne arrête en avril 2013 un père de famille dans un jardin public sous prétexte qu’il porte un sweat représentant un papa, une maman et leurs deux enfants, sommes-nous dans une démocratie ou dans un régime où l’Etat utilise les moyens de force pour répandre sa vérité officielle ?

Lorsque deux membres du conseil national du PS (Mehdi Ouraoui et Naïma Charaï) saisissent en février 2014 l’appareil étatique (CSA) pour faire taire un philosophe (Alain Filnkielkraut) dont les positions sont contraires à l’idéologie du parti au pouvoir, sommes-nous dans une démocratie ou dans un régime où l’Etat utilise les moyens de force pour répandre sa vérité officielle ?

Lorsque l’Etat met en place l’éducation à la sexualité dans tous les milieux scolaires et ce, « dès le plus jeune âge » (lettre de Vincent Peillon aux recteurs 4 janvier 2013) sommes-nous dans une démocratie ou bien dans un régime où l’Etat utilise les moyens de persuasion et de manipulation pour répandre sa vérité officielle, pour exercer sa mainmise sur des activités aussi individuelles et intimes que la sexualité ?

Formatage des individus

Dans 1984, George Orwell imagine une Angleterre où l’Angsoc (ou « socialisme anglais ») fait régner la dictature du célèbre Big Brother. Orwell met dans la bouche d’O’Brien, le dignitaire tortionnaire cette déclaration terrible : « Nous écrasons déjà les habitudes de pensée qui ont survécu à la Révolution. Nous avons coupé les liens entre l’enfant et les parents, entre l’homme et l’homme, entre l’homme et la femme. Personne n’ose plus se fier à une femme, un enfant ou un ami. Mais plus tard, il n’y aura ni femme, ni ami. Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères, comme on enlève les oeufs aux poules. L’instinct sexuel sera extirpé. La procréation sera une formalité annuelle, comme le renouvellement de la carte d’alimentation.

Vous imaginez qu’il y a quelque chose qui s’appelle la nature humaine qui sera outragée par ce que nous faisons et se retournera contre nous. Mais nous créons la nature humaine. L’homme est infiniment malléable. »

« Nous créons la nature humaine. L’homme est infiniment malléable ». Tel semble être le crédo de la député socialiste Julie Sommaruga qui déclarait en mars 2013 que « les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature, mais sont historiquement construites et socialement reproduites ». Tel semble être aussi le crédo du SNUipp-FSU qui, dans son dossier de mai 2013, veut adopter une « posture constructiviste » sur les différences hommes-femmes pour démontrer qu’elles découlent non d’une différence de nature mais de constructions sociales et culturelles. Cela ouvre ainsi à l’Etat l’espoir et la légitimité de « créer la nature humaine », de déconstruire, formater, déformer les individus et leur identité ! On n’est pas loin de « l’homme nouveau soviétique » que les bolcheviks ont tenté de créer par la force il y a un peu moins d’un siècle, avec le succès que nous connaissons.

« Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères, comme on enlève les oeufs aux poules. L’instinct sexuel sera extirpé. La procréation sera une formalité annuelle, comme le renouvellement de la carte d’alimentation. » Tel semble être l’objectif de ceux qui font la promotion de la gestion pour autrui (GPA) et de la procréation médicalement assistée (PMA) : plus d’amour, plus de sexualité, juste une formalité administrative pour satisfaire le « droit à l’enfant ».

Lorsqu’un pouvoir politique se met ainsi « à agir selon un système de valeurs si radicalement différent de tous les autres qu’aucune de nos catégories utilitaires, que ce soient celle de la tradition, de la justice, de la morale, ou de celles du sens commun, ne nous est plus d’aucun secours pour nous accorder à leur ligne d’action, pour la juger ou pour la prédire », il correspond à la définition que donnait Hannah Arendt du Totalitarisme.

Réformer la langue pour restreindre la liberté de conscience

Dans 1984, Orwell invente pour son régime un nouveau langage et O’Brien déclare « Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. […] Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. Il n’y a plus, dès maintenant, c’est certain, d’excuse ou de raison au crime par la pensée. »

C’est également en s’attaquant à la langue, à son vocabulaire et à sa grammaire que l’Etat a décidé de répandre son idéologie.

Pour la grammaire jugée trop sexiste, la Ligue de l’enseignement a réclamé en février 2012 par le biais d’une pétition une réforme. Le rapport de novembre 2012 commandé par le MESER intitulé « Orientations stratégiques pour les recherches sur le genre » préconise dans sa proposition n°19 de « généraliser l’usage d’une langue non sexiste ».

Pour le vocabulaire, Le Figaro a publié sur son site toute une série d’exemples. Les plus tragiques sont pour moi l’effacement des notions de « père » et de « mère » par le terme de « parent » proposé lors du débat sur le mariage pour tous et le remplacement du mot « sexe » par le mot « genre ».

Toutes ces initiatives témoignent d’une même volonté de rendre impossible le « crime par la pensée » et de restreindre le champ de la conscience, en renfort des restrictions de la liberté d’expression et du formatage des consciences « dès le plus jeune âge ».

La stigmatisation et le lynchage des opposants

Qu’advient-il de ceux qui veulent s’opposer à cette entreprise ? Il y a bien sur les arrestations de manifestants et de veilleurs, mais il y a une méthode plus sournoise et efficace pour les neutraliser.

Ultra-droitier, ultra-libéral, homophobe… Le vocabulaire de la gauche s’est enrichi et renouvelé depuis l’époque de Sartre où elle traitait ses opposants de salaud ou de fasciste, ou bien depuis l’URSS où elle dénonçait les « ennemis du peuple » et les « ennemis des travailleurs ».

Mais la méthode est la même : coller à l’adversaire une étiquette présentée comme infamante, dégradante, pour mieux pouvoir le dénigrer, le mépriser, pour se dispenser d’avoir à l’écouter et encore plus de discuter (cf. le refus du rapporteur de la loi Mariage pour tous d’auditionner les opposants au texte).

La notion d’« ennemi du peuple » supprimait immédiatement, excluait la possibilité d’une lutte idéologique quelconque, ou d’exprimer une opinion sur toutes les questions, même d’importance pratique. Elle autorisait l’emprisonnement, l’expulsion ou l’exécution. Aujourd’hui « homophobe » ou « ultra-libéral », vous êtes exécuté médiatiquement et expulsé du débat démocratique.

Conclusion

J’ai peur car un siècle après avoir multiplié de désastreuses révolutions et dictatures au nom de la lutte des classes, la gauche tente de se relever de son fiasco idéologique du XXème siècle en lançant la lutte des sexes et des genres, avec des méthodes inspirées de Staline et de 1984, mâtinées du Meilleur des mondes pour ce qui est de la manipulation médiatique.

Protégez nous du « Fransoc », protégez nous du Totalitarisme.

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1984 en France (suite)

« Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. […] Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. Il n’y a plus, dès maintenant, c’est certain, d’excuse ou de raison au crime par la pensée. »

La liste ci-dessous illustrant l’application du concept par le gouvernement actuel a été publiée par Le Figaro :

● NE PLUS DIRE
Égalité hommes-femmes
Dire
Égalité femmes-hommes
«Pour une raison toute bête, explique-t-on au ministère des Droits des femmes, c’est par ordre alphabétique. Il n’y a pas de raison que les femmes soient en deuxième position!»

● NE PLUS DIRE
L’école maternelle
Dire
La première école
«Changer le nom en “petite école” ou “première école”, c’est neutraliser d’une certaine manière la charge affective maternante du mot “maternelle”.» (Sandrine Mazetier, députée PS, le 1er février 2013)

● NE PLUS DIRE
Travailler pour le pays
Dire
Faire France
«Il s’agira donc, désormais, de “faire France” en reconnaissant la richesse des identités multiples.» («Refonder la politique d’intégration », 2013)

● NE PLUS DIRE
Bâtir une société harmonieuse
Dire
Faire de l’en-commun
«De la conception à la gestion des espaces publics, comment construire un “en-commun”.» («Refonder la politique d’intégration», 2013)

● NE PLUS DIRE
Se lancer dans des projets
Dire
Produire des possibles
«Il faut changer de paradigme, proposer une nouvelle forme d’action publique, pour produire des “possibles” à l’intersection des valeurs de la République et du respect des gens eux-mêmes et de leurs capacités à coproduire de l’action publique.» («Refonder la politique d’intégration», 2013)

● NE PLUS DIRE
La France évolue
Dire
Les dynamiques plurielles de la société
«L’histoire enseignée se réfère à des figures incarnées qui demeurent très largement des “grands hommes” mâles, blancs et hétérosexuels. Il y a donc un enjeu fort à faire évoluer le “panthéon” des figures censées incarner les grands mouvements, les époques et les dynamiques plurielles de la société.» («Refonder la politique d’intégration», 2013)

● NE PLUS DIRE
Couple homosexuel dans l’impossibilité de procréer
Dire
Confronté à «l’infertilité sociale»
«La présente proposition de loi a pour objet d’ouvrir l’assistance médicale à la procréation à tous les couples infertiles, qu’il s’agisse d’une infertilité médicale ou “sociale”.» (Proposition de loi déposée au Sénat par cinq sénateurs socialistes le 19 juillet 2013)

● NE PLUS DIRE
Être enceinte
Dire
Être en état de grossesse médicalement constaté
«La collaboratrice libérale en état de grossesse médicalement constatée a le droit de suspendre sa collaboration» (Projet de loi pour l’égalité entre les hommes et les femmes, septembre 2013)

● NE PLUS DIRE
Les parents et les médecins
Dire
Les acteurs impliqués dans la conception
«Aujourd’hui, la filiation biologique n’est plus la seule filiation possible ; il y a une multiplication des acteurs impliqués dans la conception et l’éducation des enfants.» (Dominique Bertinotti, commission des lois, réunion du 18 décembre 2012)

● NE PLUS DIRE
Construire la société française
Dire
Le Nous inclusif et solidaire
«L’enjeu est dès lors de rendre possible l’identification à une communauté politique plurielle, c’est-à-dire une communauté concrètement caractérisée par des identités diverses et hétérogènes – que ce soit en raison d’une histoire faite d’immigration, de colonisation ou tout simplement et plus généralement de la pluralité des identités sociales et politiques et des croyances morales qui traversent la société – mais néanmoins capable de s’identifier positivement à un “Nous”. Ce que nous nommerons un Nous inclusif et solidaire.» («Refonder la politique d’intégration», 2013)

● NE PLUS DIRE
Donner aux élèves la même éducation
Dire
Bâtir du commun
«Il revient à l’École française de contribuer à bâtir du commun.» (Vincent Peillon, charte de la laïcité à l’école)

● NE PLUS DIRE
L’avenir des jeunes Français
Dire
Leur devenir de citoyen
«Il s’agit d’accompagner les élèves dans leur devenir de citoyen.» (Vincent Peillon, charte de la laïcité à l’école)

● NE PLUS DIRE
Personnel scolaire chargé de veiller à la discipline
Dire
Groupes académiques climat scolaire
«Afin de rendre effective cette lutte contre les violences, des “groupes académiques climat scolaire” sont par ailleurs déjà constitués pour aider localement chaque école et établissement.» (Site du ministère de l’Éducation nationale).

● NE PLUS DIRE
Détruire l’identité sexuée
Dire
Déconstruire les stéréotypes de genre
«La création du programme “ABCD de l’égalité”, qui s’adresse à l’ensemble des élèves de la grande section de maternelle au CM2 et à leurs enseignants, vise à déconstruire des stéréotypes de genre.» (Site du ministère de la Santé, décembre 2012)

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L’épithète assassin

« C’est une polémique ultra-droitière » me répond-on d’un air dégoûté.
Ultra-droitier, ultra-libéral, homophobe… Le vocabulaire de la gauche s’est enrichi depuis l’époque de Sartre où elle traitait ses opposants de salaud ou de fasciste.
Mais l’esprit est resté le même. Coller à l’adversaire une étiquette présentée comme infamante, dégradante, pour mieux pouvoir le mépriser, le dénigrer, pour se dispenser d’avoir envers lui ce qu’exigent les règles élémentaires de la politesse et de la démocratie comme de recevoir les opposants et de les écouter, pour se dispenser justement d’avoir à écouter, à réfléchir, à débattre puisque frappé d’infamie son opinion et ses convictions n’ont plus de valeur.
Depuis la célèbre réplique de Valéry Giscard d’Estaing, la Gauche s’est bel et bien arrogé le monopole du coeur et de la morale avec une force inouïe, exerçant un totalitarisme insidieux et implacable sur les esprits pour leur dicter ce qu’ils ont le droit de penser et de dire.

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Mariage et développement durable

La mode est au développement durable, souvent opposé à la société de consommation. C’est notamment sur ce terreau que se retrouvent en partie la gauche et les Verts.

La société de consommation, c’est le plaisir égoïste et hédoniste d’acheter un objet, de l’utiliser, puis de jeter quand on s’est lassé, quand on a trouvé mieux, plus récent, plus moderne. C’est la course effrénée qui épuise les ressources, sans considération pour les générations futures et pour la planète : c’est tellement facile de jeter.
Le développement durable est moins enthousiasmant, plus austère mais plus raisonnable et basé sur une éthique plus solide. Même si on fait parfois des erreurs d’achat, on réfléchit avant d’acheter, on choisit de la bonne qualité (du solide, du bio), faite pour durer. Si c’est usé ou abîmé on ne jette pas, on essaie de réparer plutôt que de se jeter sur le nouveau produit à la mode.

Curieusement, les mêmes qui prônent développement durable contre société de consommation méprisent le mariage et prennent des airs affranchis en faveur de l’union libre.

Pourtant, l’union libre c’est le plaisir égoïste et hédoniste de se lier, de coucher, puis d’abandonner l’autre quand on s’est lassé, quand on a trouvé mieux, plus sexy, plus jeune. Ce sont les conquêtes successives sans considération pour l’Autre et pour les enfants qui ont pu naître : c’est tellement facile de divorcer ou de plaquer.
Le mariage est moins enthousiasmant, plus austère mais plus raisonnable et basé sur une éthique plus solide. Même si on fait parfois des erreurs, on réfléchit avant de se marier. Si on a la chance de le faire dans un cadre religieux ou dans certaines mairies on peut bénéficier d’une préparation au mariage qui apprend à bien choisir l’autre et à construire une relation faite pour durer. Bien sûr, on vieillit tous les deux et le couple connait des moments difficiles mais on ne rejette pas l’autre, on sait qu’une relation demande un effort quotidien, qu’il faut se séduire chaque jour plutôt que d’aller courir par facilité après le premier ou la première qui passe.

Le développement durable est au mariage ce que la société de consommation est à l’union libre. Mais l’union libre est encore plus immorale que la société de consommation, car ce sont des êtres humains qu’on jette et non des objets.

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